Sauvegarde du Vieux Saint-Germain

La modification

 

Le projet de modification a été voté par le conseil municipal le 10 juillet dernier.

Il a Ă©tĂ©  approuvĂ© par arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral du 5 septembre , publiĂ© le 10 septembre.

 

Il modifie les règles protectrices du secteur sur 2 zones.

Les modifications en images

La modification porte sur 2 zones différentes:

-rue des joueries,

-18 rue de la RĂ©publique.

 

Dans les deux cas, il s'agit de permettre de détruire les batiments qui s'y trouvent pour reconstruire sur une hauteur plus importante que ce que le PSMV actuel autorise.

 

Ci-contre, les schémas du projet de modification du 18 rue de la République: En noir, ce que le PSMV autorise; en rouge, ce qui est désormais autorisé.

Descriptif de  la modification du PSMV actuellement en cours

Cette modification a porté sur 2 points:

- le dĂ©classement de l'ancien bâtiment de la Banque de France (classĂ© Ă  conserver dans le PSMV) afin de pouvoir le modifier  ou le remplacer, 

- une augmentation de la hauteur autorisĂ©e de construction jusqu'Ă  15 mètres sous gouttière et 18 mètres au faĂ®tage du toit alors que la hauteur maximale sur ce sous-secteur très majoritairement construit au XVIII ème siècle est de 12 mètres au faĂ®tage du toit.

 

L'enquête publique menée du 10 juin au 12 juillet dernier n'avait rassemblé que des avis défavorables, qu’ils émanent des habitants du quartier ou d’habitants d’autres quartiers, mais l'enquêteur public a rendu début septembre un avis favorable en raison d'un prétendu intérêt public au motif que la ville doit évoluer vers une "nécessaire densification urbaine" et qu'il existerait quelques commerces au rez-de-chaussée.

 

L'architecte des bâtiments de France a également émis un avis favorable à la destruction du bâtiment tirant argument du fait qu’il ne présentait plus d'élément architectural suffisamment important.

 

Le projet du promoteur, qui a achetĂ© la parcelle en mars 2011, consiste selon le document qu'il avait remis en mairie en 2012,  Ă  raser les bâtiments anciens et Ă  construire 5 bâtiments sur le jardin de 1600 m2, dont certains d'une hauteur de 18 mètres au faitage du toit- R +4 + combles.   

La mairie affirme que le maire a le pouvoir d'imposer au promoteur une hauteur moindre par rapport à celle qui a été votée sur le document d'urbanisme.

Un projet critiqué par les principales associations concernées:

 

 Plusieurs associations avaient Ă©mis des avis dĂ©favorables au cours de l'enquĂŞte publique et se sont mobilisĂ©es contre cette modification du PSMV  :

-l'association des amis du quartier Lorraine ,

-la SPPEF (sociĂ©tĂ© pour la protection des paysages et de l'EsthĂ©tique de la France, association reconnue d'utilitĂ© publique , appelĂ©e Ă©galement du nom de sa revue Sites et Monuments ) par l'intermĂ©diaire de son reprĂ©sentant local ,

-l'association Ensemble pour St Germain Environnement.

Un groupe de riverains s'Ă©tait Ă©galement mobilisĂ© et reste très investi dans le suivi de ce dossier .

 

 

Le point sur l'Ă©change des arguments:

 

Les arguments avancĂ©s en faveur de la modification du PSMV  pour justifier la dĂ©molition des batiments de la banque de France et la construction d'immeubles plus hauts sont les suivants: 

 - la ville doit se densifier pour accueillir toujours plus d'habitants en rĂ©gion parisienne,

- la ville ne peut rester inchangĂ©e.

- le batiment est une "friche urbaine" qui n'a pas conservé son état d'origine,

Les associations ne sont pas du même avis... Le point sur le débat d'idées (en bleu les arguments de la mairie/ en rose les réponses des associations:

   

  1°) La ville doit se densifier/ Le secteur sauvegardĂ© doit ĂŞtre Ă  tout prix protĂ©gĂ© de toute atteinte pour rester un ensemble cohĂ©rent:

 

Seules 94 villes en France disposent d'un PSMV alors que Malraux en souhaitait 400. Saint-Germain et Versailles sont les seules villes de la pĂ©riphĂ©rie parisienne Ă  disposer de cette protection. 

La règlementation la plus stricte appliquĂ©e Ă  St Germain a pour but de prĂ©server pour les gĂ©nĂ©rations futures un ensemble architectural. Tous les Ă©lĂ©ments ne sont pas classĂ©s monuments historiques mais si cette protection devait se limiter Ă  ces monuments , le PSMV perdrait tout intĂ©rĂŞt. 

L'objectif du PSMV est de prĂ©server cet ensemble d'urbanisme composĂ© de batiments nobles , bourgeois ou populaires , tous typiques d'une Ă©poque ou d'un style de vie. 

 

En l'occurrence,   le bâtiment de la Banque de France  est situĂ© dans une zone Ă  protĂ©ger tout particulièrement: en face du pĂ©ristyle classĂ© du couvent des dames de St Thomas, en vue de deux autres monuments historiques l'hĂ´tel de la Vrillière et l'Ă©glise de Saint Germain, et son jardin visible de la rue constitue un ilot de verdure. Il est situĂ© au coeur du secteur sauvegardĂ© et Ă  moins de 500 mètres de 4 autres monuments historiques: le château de St Germain, la maison de Claude Debussy, l'hĂ´tel de Noailles, l'hĂ´tel de Courtomer.

 

Cette modification du PSMV constitue un précédent désastreux pour notre quartier qui est à 300 mètres du château : si l'on laisse détruire dans notre quartier les belles maisons dès lors qu'elles se trouvent sur un grand terrain, les promoteurs les achèteront pour les détruire et construire des immeubles puisque nous sommes en centre ville; Nous savons déjà que le promoteur, SOFERIM, qui a acheté le bâtiment de la banque de France a pris contact avec une dame âgée propriétaire d'une belle maison de la même époque avec un grand jardin de 3.000 m2 attenant au jardin de la banque de France.

 

La région Ile de France est suffisamment étendue pour densifier dans des zones qui n'ont pas de secteur historique à protéger. Ces quartiers historiques doivent rester sous une protection constante et vigilante des municipalités pour assurer leur conservation et leur mise en valeur.

 

2°) La ville ne peut rester inchangée/ la ville doit conserver une harmonie:

 

La hauteur proposĂ©e ( 18 mètres au faitage du toit et 15 mètres sous gouttières)  sur ce sous-secteur très majoritairement construit au XVIIIème siècle est excessive . La seule vue du dessin montrant qu'il Ă©crase les maisons voisines et qu'il est mĂŞme plus haut que l'immeuble XIXème le plus haut de ce secteur (16 mètres). Nous savons qu' il sera tenu compte de cette modification pour la rĂ©vision gĂ©nĂ©rale du PSMV dĂ©jĂ  engagĂ©e depuis 4 ans. Une dĂ©claration du maire en ce sens a Ă©tĂ© notĂ©e dans un procès-verbal du conseil municipal de novembre 2012.  Cette hauteur est supĂ©rieure Ă  la hauteur maximale autorisĂ©e en secteur soumis au PLU . La modification proposĂ©e aboutirait donc Ă  construire en secteur sauvegardĂ© sur une hauteur qui n'aurait pas Ă©tĂ© autorisĂ©e en dehors de ce secteur.

 

Enfin, la destruction envisagée de ce batiment est contraire à l'objectif d'un PSMV qui doit s'efforcer de mettre en valeur les éléments anciens dès lors qu'ils ne sont pas réduits à l'état de ruine par l'effet du temps.

 

3°) Le batiment  n'a pas conservĂ© son Ă©tat d'origine et est en très mauvais Ă©tat, une "friche urbaine"/ La structure du batiment est restĂ©e en bon Ă©tat,  identique Ă  son Ă©tat d'origine, et le batiment Ă©tait en excellent Ă©tat Ă  l'intĂ©rieur en mars 2011 lorsqu'il a Ă©tĂ© achetĂ© par son propriĂ©taire actuel, il a Ă©tĂ© progressivement dĂ©gradĂ© pour donner de meilleures chances Ă  son propriĂ©taire d'obtenir la dĂ©molition :

  

Il est exact que la banque de France qui occupait les lieux jusqu'en 2006 avait aménagé le rez-de-chaussée pour l'usage du public et que dans les années 50, le bâtiment a été rénové et couvert d'un ciment gris qui n'est pas flatteur. Pourtant, des photographies de la maison telle qu'elle était en 1925 (ci-dessous) montrent que la structure est restée identique et qu'il serait possible de retrouver son état d'origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ce bâtiment a une structure et une toiture en bon Ă©tat (aucune fissure observĂ©e, aucun trou dans la toiture, pas de fuite intĂ©rieure) qui est strictement identique Ă  son Ă©tat de construction. Il a des proportions typiques des belles maisons de St Germain (porte cochère, cour intĂ©rieure, cour sur jardin, toit Ă  tuiles plates avec lucarnes), aucune construction moderne n’aura le mĂŞme charme.

 

Le batiment Ă©tait en bon Ă©tat lorsqu'il a Ă©tĂ© vendu en mars 2011 Ă  son propriĂ©taire actuel. Les photographies du site de la chambre nationale des notaires permettent de constater qu'il avait encore ses cheminĂ©es, ses trumeaux , ses rampes d'escalier, et que les vitres des fenĂŞtres n'Ă©taient pas cassĂ©es. Ils figurent Ă©galement sur les photographies de l'enquĂŞte publique. Ils ont Ă©tĂ© dĂ©montĂ©s le 25 octobre après notre rendez vous avec le maire et avant notre visite des lieux. (voir les photographies ci-dessous dans le paragraphe "visite").

 

Enfin, ce batiment  est situĂ© Ă  l'emplacement de l'ancien hĂ´tel de Richelieu . L'Ă©tude du cabinet GRAHAL a dĂ©montrĂ© que ce batiment a Ă©tĂ© construit au tout dĂ©but du XVIème siècle pour la famille de MONTMORENCY , qu'il a Ă©tĂ© cĂ©dĂ© dans des conditions dramatiques au cardinal de Richelieu par Charlotte de Montmorency après la condamnation Ă  mort de son frère Henri II de Montmorency en 1632. Les murs sont authentiques mĂŞme si l'intĂ©rieur a Ă©tĂ© grandement remaniĂ©. En effet, le bâtiment rue de la RĂ©publique figure dĂ©jĂ  sur une gravure de 1639, un  plan de 1686 et sur un plan de 1705. Son volume est identique.

Le batiment perpendiculaire parallèle Ă  la rue des bucherons a au minimum 200 ans puisqu'il figure sur le cadastre de 1805 . DĂ©truire ces bâtiments serait un prĂ©cĂ©dent dĂ©sastreux pour une ville qui  bĂ©nĂ©ficie du niveau de protection le plus Ă©levĂ© de  la rĂ©glementation du patrimoine.

 

 Il est intĂ©ressant de relever que la banque de France a vendu plus de 60 batiments depuis l'annĂ©e 2006 et qu'Ă  notre connaissance, ce batiment serait le seul Ă  ĂŞtre dĂ©truit. Tous les autres batiments ont Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©s. Il serait donc Ă©tonnant que ce batiment soit le seul qui disparaisse alors qu'il est en plein secteur sauvegardĂ©.

 

4°) "Rien n'a pu se faire en raison du PSMV" / Le projet est déjà rentable sans modifier le PSMV :

 

Le bâtiment d'une superficie  habitable de 1.300 m2 habitable sur une parcelle de 1600 m2 a Ă©tĂ© acquis au prix de 3.900.000 euros en mars 2011 (source, site internet de la chambre des notaires) .

Même en incluant le prix de restauration du batiment, et en y ajoutant les petites construction autorisées d'ores et déjà par le PSMV actuel , sur ne hauteur de 12 mètres maximum rue des Bucherons, le projet serait déjà largement rentable.

 

   Les actions des associations pour faire connaitre leur opinion:

             

            Mi-octobre 2013, nous avons rencontrĂ© l’architecte des bâtiments de France Ă  Versailles qui nous a semblĂ© comprendre notre prĂ©occupation mais qui avait dĂ©jĂ  donnĂ© un avis favorable  quelques jours auparavant au cours de la commission locale du secteur sauvegardĂ© qui avait examinĂ© le projet, tout en Ă©mettant des rĂ©serves sur la hauteur des constructions .

 

             Le 23 octobre 2013, nous avons Ă©galement Ă©tĂ© reçus par M. Lamy, maire de Saint-Germain en Laye, qui nous a indiquĂ© qu'il ne pouvait prĂ©senter au conseil municipal que le projet tel qu'il a Ă©tĂ© validĂ© par l'enquĂŞte publique et la commission locale. 

 

DĂ©but novembre 2013, le maire a rĂ©uni les conseils des quartiers des centre-ville et quartiers forestiers pour prĂ©senter le projet de modification et entendre les habitants du quartier. l'association des amis du quartier Lorraine a renouvellĂ© son souhaite de voir rĂ©duire la hauteur et conserver le batiment et le jardin. Le maire a annoncĂ© la constitution d'un groupe de travail pour tenter de trouver une solution consensuelle.    

  

La première rĂ©union  a Ă©tĂ©  organisĂ©e le 5 dĂ©cembre après midi en prĂ©sence de Xavier Lebray, maire adjoint, M. Fis, architecte de la ville, Messieurs Culot et Pesson, architectes de Soferim, Vincent Lidsky pour la SPPEF, Claude Sliosberg pour l'association des amis du vieux Saint-Germain, Chantal Bassompierre et Isabelle GĂ©rard pour l'association des amis du quartier Lorraine,  Monique Dumont pour l'association EPESG, Sylvie Pena-Gaufroy, Roger Sillard et M. MaumĂ©jean pour les riverains.

Sur l'utilitĂ© de conserver les batiments, i l a Ă©tĂ© demandĂ©  l'accès Ă  la "fiche immeuble" crĂ©Ă©e au moment de l'Ă©laboration du PSMV de Saint-Germain en Laye entre 1973 et 1988. Il est apparu en effet intĂ©ressant d'avoir accès aux informations de cette fiche afin de voir sur la base de quelles informations la dĂ©cision de classer le batiment "Ă  conserver" a Ă©tĂ© prise. Cette pièce ne figurait pas au dossier de l'enquĂŞte publique. La mairie affirme ne pas en disposer.  Xavier Lebray a admis que les batiments datent du XVIIIème siècle .

 La hauteur du projet de modification (18 mètres sur toute la parcelle au faitage du toit) a donnĂ© lieu Ă  un nouveau dĂ©bat. M. Lebray a indiquĂ© qu'il n'est pas possible de modifier le projet actuel  et qu'il faudra faire confiance au maire et Ă  l'ABF pour limiter la hauteur du projet.

 M. MaumĂ©jean a fait observer que le plan de masse prĂ©sentĂ© comporte un batiment nouveau le long du mur du jardin du petit immeuble au milieu de la rue des bucherons qui  n'est pas conforme aux règles du PSMV qui interdit des construction le long de limite sĂ©parative lorsqu'il n'existe pas d'autres constructions de l'autre cotĂ©. Cependant, les services de la mairie ont estimĂ© qu'i l serait inutile et trop onĂ©reux de prĂ©senter un nouveau projet modifiĂ© pour tenir compte de cette observation et d'une hauteur moindre plus en harmonie avec les batiments du quartier. La prochaine rĂ©union avait Ă©tĂ© annoncĂ©e fin janvier. Mi fĂ©vrier , nous n'avions toujours pas reçu de date pour la prochaine rĂ©union.

            Un rendez vous avec M. le Maire a Ă©tĂ© obtenu Ă  la fin du mois de fĂ©vrier au cours duquel  Marc Bodineau , reprĂ©sentant de l'association des amis du quartier Lorraine, et Jean-Baptiste Galland, reprĂ©sentant du groupe des riverains, ont prĂ©sentĂ© de nouveau nos arguments et fait part de l'existence d'une pĂ©tition qui avait rĂ©union Ă  cette date 350 signatures en faveur de la rĂ©habilitation du batiment et de la limitation des hauteurs en secteur sauvegardĂ©.  A la suite de cette rĂ©union, le maire a annoncĂ© le 10 mars , que le projet ne serait pas transmis au prĂ©fet tel quel  (la hauteur des constructions serait rĂ©duite, une ouverture sur la rue conservĂ©e) et s'agissant de la question de la rĂ©habilitation du batiment, qu' un cabinet privĂ© serait mandatĂ© pour rĂ©aliser une enquĂŞte sur l'histoire du batiment. 

 

           

Visite de l'ancienne Banque de France

DĂ©but novembre , la mairie a organisĂ© une visite du batiment de la banque de France. Le batiment est  maintenant dans un triste Ă©tat, les cheminĂ©es ont Ă©tĂ© enlevĂ©es le 25 octobre dernier , deux jours après le rendez vous obtenu auprès du maire pour faire part de notre souhait de conserver l'immeuble,  ainsi que la rampe d'un des escaliers.   Les plafonds ont Ă©tĂ© Ă©ventrĂ©s, les cables pendent du plafond.

 

Le sol et les cloisons du rez de chaussĂ©e ont tous Ă©tĂ© remaniĂ©s en raison de l'amĂ©nagement des locaux par la banque de France pour l'accueil du public . Le premier Ă©tage qui Ă©tait l'appartement du directeur de l'Ă©tablissement a conservĂ© ses  parquets  et avait encore ses 5 cheminĂ©es jusqu'Ă  fin octobre.

 

Toutefois, le batiment est sain: aucune fissure, aucune fuite en provenance de la toiture. La structure du batiment est restĂ©e identique Ă  celle d'origine et il serait possible de retrouver l'allure de cette belle maison en la restaurant.

 

Les photographies extraites de l'annonce de la chambre des notaires de Paris qui a procédé à la vente aux enchères du site en mars 2011 présente le batiment dans un tout autre état. (à gauche les photos extraites du site internet des notaires).

 

Pour effectuer la visite virtuelle du batiment de la banque de France en 2011, vous pouvez utiliser le joint suivant:      http://www.encheres-paris/pns/fr/vendez/v_detail.ph4id_bien=4370

 

Ci -contre Ă  gauche le rez de chaussĂ©e en 2011, et  Ă  droite en 2013 : les plafonds ont Ă©tĂ© enlevĂ©s, les murs sont endommagĂ©s par son actuel propriĂ©taire, SOFERIM.

 Ci-dessous, le premier Ă©tage du batiment parallèle Ă  la rue des Bucherons: les parquets sont toujours prĂ©sents, ainsi qu'une vieille fenĂŞtre probablement XVIIIème mais les cheminĂ©es et la rampe de l'escalier ont Ă©tĂ© enlevĂ©es le 25 octobre dernier par SOFERIM.

LĂ©gendes

 Ci-dessous: fenĂŞtre XVIIIème

 

Ci-contre : photographies de 3 des 5 cheminées arrachées le 25 octobre et de la rampe démontée.

Il n'a pas été possible d'accéder à la charpente du batiment sur la rue de la République dont la porte du grenier avait été murée. Il ne nous a pas été permis d'emprunter l'escalier de ce batiment qui menait au grenier.

Que souhaitent les associations et les riverains?

Le respect des lignes directrices proposĂ©es pour le secteur sauvegardĂ©  sur cette zone situĂ©e dans le sous-secteur 6 majoritairement XVIIIème:

 

-la rĂ©habilitation des vieux batiments de la banque de France, qui sont le tĂ©moignage du mode de construction de notre rĂ©gion (porte cochère, lucarne sur le toit, symĂ©trie)  et d'un art de vivre Ă  Saint-Germain entre cour et jardins,

 

-la limitation des hauteurs proposĂ©es sur ce secteur Ă  10 Ă  12 mètres afin de rester en harmonie avec les batiments environnants , pour les constructions susceptibles de se faire en remplacement des garages de la rue des bucherons ou  de la construction sans toit rue de la RĂ©publique ,

 

-la protection ou remise en Ă©tat des espaces verts qui sont dans la continuitĂ© du coeur d'ilot (protĂ©gĂ© par le PSMV) avec si possible prĂ©servation d'une vue sur le coeur d'ilot depuis la rue.

Les associations ne s'opposent pas Ă  toute construction nouvelle mais elles souhaitent la sauvegarde de l'existant et le respect des proportions de ce quartier ancien.

Le batiment actuel est-il l'hĂ´tel de Richelieu? Oui. l'Ă©tude historique l'affirme

 

Selon les premiers renseignements trouvĂ©s, le batiment sur la rue de la RĂ©publique serait la partie droite de l'hotel de Richelieu. Cet hotel particulier Ă©tait plus long puisqu'il allait jusqu'Ă  l'hotel de Longueville. La proportion du batiment actuel sur la rue de la  RĂ©publique est compatible avec l'ancien batiment. Diverses photographies et ouvrages nous ont confirmĂ© que cette maison Ă©tait bien en pierre et Ă©tait encore dĂ©signĂ©e en 1876 sous le nom d'hĂ´tel de Richelieu, ce qui ne serait plus le cas si la maison avait Ă©tĂ© rasĂ©e Ă  la rĂ©volution et reconstruite ensuite ainsi que le prĂ©tend la notice de l'enquĂŞte publique.

 

A Saint-Germain en Laye, les grandes familles de la cour n'avaient qu'une maison relativement simple (ainsi que le montre la gravure de 1639 reproduite dans la partie Archives). Les hotels n'Ă©taient pas prestigieux comme ils le sont devenus Ă  Paris ou Versailles du temps de Louis XIV.

 

L' Ă©tude historique du cabinet GRAHAL dĂ©posĂ©e  mi juin confirme intĂ©gralement ce que les associations ont affirmĂ© et va mĂŞme au delĂ : le batiment est l'ancien hotel de Montmorency construit au tout dĂ©but du XVIIème siècle et  qui a Ă©tĂ© achetĂ© par le cardinal de Richelieu en 1633.  

 

 Qui Ă©taient les propriĂ©taires de cette maison ?

 Cette maison a Ă©tĂ© construite Ă  l'Ă©poque d'Anne de Montmorency. Le bois de la charpente du 20 rue de la RĂ©publique qui constituait la partie centrale de cette grande maison , a Ă©tĂ© analysĂ© et datĂ© de 1545 Ă  1550.

A cette époque, le Connétable Anne de Montmorency était très proche du roi François 1er. Il a d'ailleurs été nommé arbitre du célèbre duel du coup de Jarnac qui a eu lieu le 10 juillet 1547 devant le château de Saint-Germain.

 

 Son petit fils Henri II de Montmorency , Ă©tait gouverneur du Languedoc.

Il a défendu ardemment l'indépendance des Etats Généraux de Pézenas

alors que Richelieu souhaitait supprimer leur droit de fixer les impositions.

Sa fronde a été écrasée en quelques mois. Jugé pour trahison et crime de lèse -

majesté, il a été condamné à mort et exécuté en octobre 1632 malgré les suppliques

auprès de Louis XIII, de sa famille et d'une grande partie de la noblesse et du peuple

du Languedoc où il séjournait très souvent.

 

Ses biens ont été confisqués au bénéfice du roi, sauf sa maison de Saint-Germain

en Laye dont sa soeur a hérité. Sa soeur Charlotte était mariée au frère du roi.

Le cardinal de Richelieu lui offrira en mars 1633 de lui acheter cette maison,

offre qu'elle ne pouvait refuser tant la disgrâce de sa famille était récente.

Le cardinal a considéré cette maison comme un trophée pris sur son ennemi.

 

Quelques générations plus tard, l'héritier de Richelieu était également

gouverneur du Languedoc.   

  

PropriĂ©tĂ© de la famille de Richelieu depuis 1633,  l'hĂ´tel de Richelieu a Ă©tĂ© notamment la maison de Louis-François de Richelieu, son petit neveu.  Louis de Richelieu, duc de Fronsac , contemporain de Louis XV a Ă©tĂ© un personnage marquant de son Ă©poque: Courtisan, libertin, gastronome, mais Ă©galement militaire courageux rĂ©compensĂ© par le titre de MarĂ©chal de France en 1755, ce personnage a  sĂ©journĂ© Ă  plusieurs reprises dans sa maison de Saint-Germain , rue aux vaches nommĂ©e par la suite rue Saint-Thomas et maintenant rue de la rĂ©publique. Il y a vĂ©cu particulièrement pendant son exil de la cour en 1719 Ă  la suite du scandale de Cellamare qui avait pour but de dĂ©possĂ©der le RĂ©gent au profit de Philippe V roi d'Espagne. Sa maĂ®tresse Mademoiselle de Charolais venait l'y retrouver en secret.

 

A 24 ans , élu à l'Académie française et à 26 ans élu à l'académie des Sciences, il est ensuite nommé ambassadeur de France à Vienne. Après la diplomatie, il se tourne vers la carrière militaire.

 

Courageux, il se distingue lors de la bataille de Fontenoy, sa décision ayant été déterminante dans la victoire.

Il gagne Ă©galement la bataille de Minorque en 1756. La gastronomie française doit Ă  son cuisinier l'invention de la sauce "Mahonnaise" ... de Mahon , capitale de Minorque , devenue "mayonnaise". Il aurait Ă©galement Ă©tĂ© le promoteur du vin de Bordeaux Ă  la cour de Versailles, appelĂ©s par certains courtisans "la tisane du MarĂ©chal"Courtisan, il a Ă©tĂ© l'artisan de la liaison de Madame BĂ©cu, future comtesse du Barry, et de Louis XV; « rĂ´le misĂ©rable Â»  Ă©crit Madame du Deffand dans ses MĂ©moires.

 

 Il a frĂ©quentĂ© les grands de son Ă©poque et notamment Voltaire qui s'adressait ainsi  Ă  lui: « Vous ne serez jamais vieux. La nature vous a donnĂ© ce feu avec lequel on ne sent jamais la langueur de l’âge Â».   

 

Il a quitté ce monde à l'âge de 91 ans, juste un an avant la révolution, quelques années après la publication des "Liaisons Dangereuses" de Choderlos de Laclos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs péripéties de ce roman sont inspirées des amours du Maréchal notamment la scène du duel final .

Louis-Armand de Richelieu a Ă©tĂ© en effet provoquĂ© en duel par l'Ă©poux d'une de ses conquĂŞtes alors qu'il n'avait que 20 ans. Grièvement blessĂ©, il est laissĂ© pour mort et ne peut avertir sa maitresse qu'il a survĂ©cu. Pensant qu'il avait succombĂ©, elle s'est laissĂ©e mourir et ce n'est qu'en tentant de la contacter pour la rassurer que Louis de Richelieu apprendra la mort de son amie plusieurs jours plus tard. Cet Ă©pisode tragique n'est pas sans rappeler la fin des Liaisons Dangereuses.

 

En 1793, la maison a été saisie et vendue comme bien national. Elle appartenait alors au 5ème duc de Richelieu, qui s'était exilé à Vienne en 1791, alors qu'il n'avait qu'une vingtaine d'année. Devenu diplomate, il a été longtemps gouverneur d'Odessa, où l'on se souvient encore de lui. Il a ensuite été nommé ministre des affaires étrangères de Louis XVIII et connu une grande carrière.


 

Il serait dommage que notre ville n'entretienne pas la mĂ©moire de ces hommes  au parcours hors du commun.

 

 

12 bonnes raisons de sauvegarder l'hĂ´tel de Richelieu
4,4 Mo
dossier_BDF_12_bonnes_raisons_.pdf

12 bonnes raisons de sauvegarder l'hĂ´tel de Richelieu...

Le document ci-contre expose de manière très imagée les arguments en faveur de la restauration de l'hôtel de Richelieu.

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